le magnétophone de yoko

June 28th, 2008

Il faudrait peut-être changer notre optique. Et si Yoko écoutait quelque chose de beaucoup plus moderne, par exemple une œuvre de musique concrète? La musique concrète est un art des sons qui s’écrit spécifiquement sur la bande magnétique et rien n’interdit d’imaginer que Yoko se soit retrouvée avec un enregistrement de Pierre Henry, de Bernard Parmegiani ou, soyons fous, de Luc Ferrari. Dans tous les cas, l’attitude semblerait assez juste: un sourire de douce surprise, une attention qu’on suppose rivée à des détails inouïs, des mains mimant un mouvement abstrait, sans rapport à la gestuelle d’un quelconque instrument mais qui n’est pas non plus le simple flottement de la musique ambient.

mais qu’est-ce que je vous cite là? c’est un paragraphe particulièrement insidieux de ma plus récente chronique duneuvième et, oui, ça parle de yoko tsuno. on peut trouver l’ensemble de l’autre côté de ce lien qui n’en finit pas d’être opportun.

(ça devait être mentionné la semaine dernière mais j’étais en vacances à new york dont je ramène beaucoup de bon souvenirs et quelques décimètres de livres.)

vers une anthropologie de la bande dessinée

June 12th, 2008

une fois n’est pas coutume, je me permets ici de faire l’annonce d’un article qui n’est pas de moi mais de josiane robidas (sel de mes jours, miel de mes nuits), et qui s’appelle vers une anthropologie de la bande dessinée. c’est publié aujourd’hui chez du9 (ça vous surprend?). c’est un excellent article, bien évidemment.

la théorie du neuvième art a toujours à gagner, je crois, à l’apport de disciplines «extérieures», à condition que ces disciplines ne regardent pas leur sujet avec hauteur et condescendance, ne voyant dans la bande dessinée qu’une bête manifestation pop-culturelle de plus. de la même manière qu’une éventuelle anthropologie de la bande dessinée ne pourra se permettre d’ignorer l’esthétique et la poétique du médium (sa logique interne, quoi), un stripologue digne de ce nom ne peut non plus ignorer les perspectives sérieuses proposées par les sciences humaines. et si c’est pas du dialogue ça!

quant à moi, je travaille sur de nouveaux articles de mon côté, bien entendu… et je me dis qu’il faudrait bien que je dessine un peu…

ensemble camp et no type @ suoni per il popolo

June 9th, 2008

hop hop, c’est une annonce pour un spectacle à venir ce mercredi:

Performances

* Nicolas Bernier (no type/ekumen)
* Simon Trottier (12rec)
* Ensemble Camp (no type)

Installation

* Olivier Girouard + Marie-Andrée Côté (ekumen)

Vidéo

* Urban9 (ekumen)

mercredi 11 juin 2008, 21h
casa del popolo
entrée: 7$ à la porte

comme certains le savent, ensemble camp c’est un autre de mes projets musicaux, celui-là en compagnie d’a_dontigny. on fait des pièces pour lecteurs CD préparés, c’est original, pas particulièrement hermétique tout en restant expérimental et ça donne un spectacle plutôt amusant. nicolas bernier est ce jeune homme dont mon étiquette, no type, publie le nouveau disque, les arbres ces jours-ci. simon trottier est un guitariste et j’ai bien hâte de voir ce qu’il va nous concocter. on aura même droit à une petite installation sonore dans le jardin en arrière de la casa (juste pour ça, il faut venir!) et toute la soirée on aura droit aux visuels de urban9 à qui on doit d’ailleurs la pochette des arbres (après le saut de page):

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lendemain de 24 heures

June 2nd, 2008

comme annoncé, c’était la tenue du 24 heures de la bande dessinée de montréal cette fin de semaine, d’où un horaire passablement chambardé, empiré par le fait que j’ai attrapé une vilaine grippe la semaine dernière. ou: comment faire 24 pages de bande dessinée en autant d’heures et dans un état second (et approchant du tiers). c’était mon premier 24 heures mais l’exercice (nonobstant l’effort que ça demande) m’a finalement donné envie de recommencer (pas mal quand on pense que j’y allais un peu à reculons); et puis c’était un prétexte à dessiner une nouvelle histoire sans excuses du genre «remettre au lendemain». enfin, c’est fini tout ça et vous pouvez aller lire le résultat sur le site officiel où elle a été postée au fur et à mesure de son avancement.

comme on le sait, le but de l’exercice est de faire 22 pages, plus une page couverture et un quatrième de couverture (donc un total de 24 pages), le tout entre midi et midi. j’ai terminé vers 4h45 dans un état d’épuisement avancé (j’ai rarement trouvé mon lit aussi douillet) mais beaucoup de collègues ont bel et bien bossé comme des beaux jusqu’à l’heure limite. à eux tous je lève mon chapeau (qui est dans la penderie alors il faudra prendre ça comme une figure de style). il ne faut pas pour autant penser que je dessine si vite que ça, parlez-en par exemple à pierre bouchard qui a terminé aux alentours de minuit (et encore, il a commencé en retard!). de toute manière, je vous invite fortement à passer en revue tout ce qui a été produit lors de l’événement (tout est sur le site officiel), ça en vaut la peine et il y a de la pépite là, oui monsieur.

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spirou et ses lecteurs

May 30th, 2008

Qui est Spirou? Vaste question. D’ailleurs, que signifie-t-elle, cette question? On s’entend pour dire, et Franquin lui-même était là pour le souligner, que Spirou est une «coquille vide», un de ces personnages sans psychologie censés servir de réceptacle à l’imagination du lecteur. Vu de cet angle-là, Spirou est ce que vous voulez qu’il soit, autant dire qu’il n’est personne.

Cela dit. Notre groom n’est pas Spirou à lui tout seul. De nombreux personnages «secondaires» gravitent autour. De même qu’un univers hautement codé, jusque dans les lieux, les objets et la décoration intérieure dont, lorsqu’elle change, on peut en venir à penser que ce n’est plus tout à fait Spirou. Aussi bien dire que Spirou est d’abord un système (solaire) dont Franquin aurait été, à son corps défendant, le maître architecte. (C’est en tout cas lui le mètre-étendard auquel chacun se compare encore aujourd’hui.)

vous l’avez deviné, c’est un autre article pour du9! (après tintin, spirou… on ne pourra pas m’accuser de manquer de suite dans les idées…) allez le lire, bon!

et n’oubliez pas ceci:

(je sais, vous l’avez déjà lu sur tous les autres blogues déjà. en tout cas, c’est demain et si j’étais raisonnable, j’irais me coucher comme genre dret là. la question étant: suis-je raisonnable?)

tintin schizo

May 23rd, 2008

après quelques semaines d’absence (due à des facteurs tout à fait dépendants de ma volonté), je reviens faire un tour sur du9 avec une critique de critique (parce que bon) autour du livre de pierre sterckx, tintin schizo:

On m’avait suggéré de lire Pierre Sterckx. Le titre de son plus récent livre, ainsi que la couverture d’Ever Meulen, me semblaient à l’avenant: Tintin schizo, hein? Voilà qui promettait un gentil pied de nez à l’orthodoxie tintinologue. Voire, plus gentiment (et plus ambitieusement), une tentative d’interprétation psychologique d’un personnage justement dénué de psychologie. Mais voilà qu’après avoir refermé le livre, j’ai la désagréable impression d’une lecture hermétique et finalement plutôt servile d’un corpus déjà surétudié. Plus grave, tout me porte à croire que Sterckx est atteint du même jargonisme que dénonçait, il y a presque dix ans déjà, mon collègue Didou dans ces pages.

et pour lire ça dans l’intégralité de son être c’est par ici messieurs dames.

comme il en a été fait allusion lors d’un récent post, j’ai des petites nouvelles que je m’amuserai à disperser au cours de mes prochains posts (comme ça vous allez être obligés de revenir; quel machiavélisme, vraiment). la première nouvelle est que (vu que ça a été annoncé officiellement, autant le partager avec vous) je remplacerai notre bon jimmy beaulieu pour son atelier de bande dessinée au cégep du vieux-montréal. ça ne durera qu’une session (le temps qu’il fasse ses trucs de vedette du 9e art dans les pays étrangers) mais ça risque d’être amusant. pour ceux qui voudraient s’y inscrire, je n’ai malheureusement pas les détails sous la main mais ça viendra rapidement. au plaisir de vous y voir!

doubts

May 13th, 2008

on ne l’attendait plus, et pourtant… c’est le retour de camp! pour ceux qui ne savent pas, camp est un de mes multiples alter ego musicaux. en l’occurence, je viens de publier un mini-album appelé doubts qui comprend six nouvelles pièces de musique électronique à télécharger.

tout ça est publié sur ma petite étiquette no type qui fêtera ses 10 ans en octobre. pour l’occasion, je me suis farci un gigantesque travail de refonte du site web. c’était du travail, mais c’était amusant aussi. si vous aimez la musique (surtout gratuite), c’est là que ça se passe.

à part ça il y a bien deux ou trois petites nouvelles mais ça ira à plus tard. ah oui, je participe aux 24 heures de la BD ici à montréal le 31 mai. c’est surtout un prétexte pour être avec les amis. ou bien ça sera l’occasion de boucler un nouveau livre vite fait. ha ha.